chapitre 4 où le preux chevalier guette fébrilement dans sa boîte aux lettres l’arrivée de la missive aux enseignants de Nicolas Ier le petit hargneux.

Il faut toujours surveiller sa boîte aux lettres. On peut y recevoir des trucs intéressants. Par exemple la lettre de monsieur le président. C’est sympa de nous écire une lettre. Surtout que ça en fait beaucoup à écrire. Enfin, bon moi je l’ai toujours pas reçue  cette lettre. Mais les médias si, et c’est là bien l’essentiel. Et puis après tout pourquoi envoyer une lettre quand TF1 peut en parler pour vous. Il devraient faire une émission comme ça où tout le monde attendrait fébrilement que l’animateur lise son courrier personnel : « M. Bidule, EDF vous envoie une facture de 117 euros 63 qui se répartit comme suit… » Concept à travailler

Pour en revenir à la lettre de Sarko, je crois qu’il y est surtout question de respect. C’est bien, c’est creux et ça fait plaisir à (presque) tout le monde. Mais enfin quand même pomper ses discours sur des chansons d’Alliance Ethnik, c’est un peu gros…

N’empêche, il faut toujours surveiller sa boîte aux lettres. On peut y recevoir la lettre de Guy Moquet. Effet garanti, testé sur les joueurs du XV de France avant le match contre l’Argentine. Résultat, quinze mauviettes laminées par les chandelles des hommes de la Pampa. Si Laporte n’était pas leur entraîneur on pourrait trouver ça triste. En l’état actuel des choses, imaginer sa tête au réveil ce matin me donne la banane…

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Enfin bref vous l’aurez compris il faut toujours surveiller sa boîte aux lettres. Parce qu’on peut y recevoir une affectation. Par exemple dans le lycée qui porte le même nom et partage le même proviseur que votre collège de rattachement. Par exemple à partir de la fin septembre jusqu’aux vacances de noël. Et par exemple avec deux secondes et deux terminales. C’est peut-être aussi pour ça que j’ai la banane.

Néanmoins pour vous prouver que l’éducation nationale reste l’éducation nationale, trois petites anecdotes :

1) Oui, il y a déjà dans ce lycée une TZR d’Histoire Géo qui attend un poste. Pourquoi c’est moi qu’ils ont  nommé et pas elle… ma foi, ça reste obscur.

2) La principale adjointe du collège quand je lui explique que j’ai une affectation pour un remplacement qui démarre dans deux semaines et que je ne pourrai donc plus servir de faitout: « Passez me voir lundi, on verra comment vous employer d’ici-là »

3) La secrétaire du lycée quand je lui annonce que j’ai un remplacement dans son établissement:

« Ah … ben c’est pas vous que j’attendais mais bon… » 

Je crois que si je lui avais annoncé la mort de son fils (en photo dans son bureau) elle aurait été plus heureuse

 

bref, la prof que je remplace est très gentille (et par ailleurs la seule à avoir moins de quarante ans dans ce lycée) et je m’estime donc très chanceux d’avoir enfin une affectation et qui plus est, une bonne. Et puis, deux semaines de RAD à tirer, on a encore de bonnes chances de s’amuser.

La suite dans le chapitre 5, où l’on ne sait plus quoi faire du preux chevalier

ps: bon courage à tous ceux qui n’ont toujours pas d’affectation, parce que ça a pas l’air, mais quand même c’est pas marrant

Chapitre 3, où le preux chevalier devint documentaliste

 Ca y’est la rentrée est passée. Et dans un calme impressionant. Le soleil était revenu sur mon doux collège hier. Pile à l’heure pour accompagner les petits sixièmes, leurs cartables trop lourds et leurs inquiétudes matinales. Qu’y a-t-il de plus choux qu’un élève de 11ans découvrant la magie du secondaire, prêt à dire amen à tout, cherchant désespérément à comprendre son emploi du temps? Rassurons-nous tout ceci ne devrait pas durer et d’ici quelques jours ça va beugler dans les escaliers.

Encore que… ça aurait pû être pire. Si si, c’est notre proviseur qui l’a dit. La faute à l’assouplissement de la carte scolaire. La faute à notre cher président. Où plutôt aux classes les plus modestes n’ayant pas compris que cette mesure ne s’adressait pas à eux…

Alors voilà, des hordes de petits chinois voulaient s’inscrire dans notre beau collège. Pas des vrais chinois, non, mais des élèves issus de milieux moins favorisés (quel doux euphémisme) qui souhaitaient profiter de l’option chinois du collège pour l’intégrer. Heureusement le collège était (vraiment) trop petit pour les accueillir (bien qu’il dispose d’au moins un prof d’Histoire-Géo en rab). Invasion repoussée. Les Chinois bazanés peuvent rester dans le collège d’à côté. Jusque à quand?

Plus sérieusement si la mixité sociale passe les portes du collège il y’a peut-être un espoir. Et si elle passe les portes du collège sensible voisin, alors l’humanité est sauvée. Rassurez-vous, on n’en est pas là.

 

Et moi, qu’ai-je fait de ma journée me direz-vous. Oh, pas grand chose, j’ai distribué les livres aux petits monstres, ce qui ne m’a pas laissé beaucoup de temps pour m’ennuyer. Et je me suis employé à faire comprendre que je n’étais pas documentaliste. Peut-être devrais-je me faire faire un petit badge… j’y songerai

A plus

Le preux chevalier

 

La suite dans le chapitre 4 où le preux chevalier guette fébrilement dans sa boîte aux lettres l’arrivée de la missive aux enseignants de Nicolas Ier le petit hargneux.

Chapitre 2, où un dragon ne veut pas signer le PV d’installation

Pré-rentrée nous y voici. Ah les discours du proviseur, les profs qui parlent dans le fond, plus fort que n’importe quelle classe (mais on s’en fout on est profs, et puis on va quand même pas respecter le proviseur, ni Dieu ni Maître! Je m’égare un peu…), la ruée sauvage sur les emplois du temps, les mines déconfites… seulement ma deuxième pré-rentrée et déjà ce bonheur perpetuel de voir qu’un prof, quand ça veut, c’est plus insouciant que les 7 nains réunis (oui, joyeux compris)

Seul petit problème, pas d’emploi du temps pour bibi… et oui pas d’affectation, pas d’emploi du temps. Pas de bras, pas de chocolat, voilà le Leitmotiv de la journée.

Mon établissement de rattachement est un collège/lycée de presque centre-ville. Mais contrairement aux autres TZRRAD, je suis affecté à la partie collège ce qui aura sans nul doute toute son importance.

Qui dit lycée de presque centre-ville, dit presque-retraite et l’assemblée des professeurs ressemblait ainsi fortement à une réunion d’ex-soixante huitards, le côté hippie sympathique en moins, le côté profs aigris en plus.

Les quelques jeunes qui allaient devoir payer les retraites de tout ce beau monde se décomposaient en deux parties : les TZR et les stagiaires. C’est beau le système de mutations de l’éducation nationale, c’est tellement beau…

Tous les nouveaux portaient un badge affichant leur nom et prénom. Sauf moi, le rectorat n’ayant pas été assez rapide sur ce coup là, même pas le temps pour un joli badge manuscrit. Pour autant je pouvais difficilement me faire passer pour un ancien.

Petit détail qui a toute son importance, on pouvait lire sur les badges, en dessous du nom et du prénom du porteur, la mention « certifié » ou « agrégé » (voire « RAD » pour les boulets comme moi). J’appris très vite que ce petit système permettant de se hierarchiser illico presto avait été instauré il y a quelques années. Auparavant il arrivait encore qu’un certifié parle à un agrégé voire pire que celui-ci lui réponde. Je vous rassure, quand les faits étaient découverts le certifié était justement chatié. Mais la plupart de mes nouveaux collègues ont passé l’âge pour ces jeux bon enfant. Alors vive le badge, le plus simple restant de ne pas parler aux nouveaux.

Je vous passe les blagues du proviseur pour m’attarder sur les doux mots de la proviseur adjointe fraîchement nommée. En substance cela donnait « je suis très heureuse de revenir ici après y avoir enseigné jusqu’en 1991. j’ai revu de nombreux collègues de cette époque ».

Ceci amène au moins trois réflexions

1 : Moi en 1991 j’étais en CM1

2 : Non vraiment, ils n’ont pas bougé depuis 1991 ?!

3 : C’est pas l’étoile rouge de Belgrade qui a gagné la coupe d’Europe des clubs champions en 1991?

Passé le buffet campagnard du midi (hi hi hi) me voilà parti à la pêche aux papiers administratifs… et aux clés du collège

Oui mais, pas d’affectation, pas de clés (ça fait tellement plaisir).

Direction le secrétariat pour récupérer le PV d’installation, papier nécessaire pour récupérer la prime que me devra le rectorat s’ils décident de m’envoyer ailleurs dans trois semaines. De mon ton le plus mielleux je m’adresse au dragon qui fait office de secrétaire.

Oui mais, pas d’affectation, pas de pv, me répond-elle en substance

- Pas de PV?

- J’ai pas dû etre bien clair (à prononcer sur l’air d’ »atmosphère atmosphère »). Puisque vous n’êtes pas affecté, vous ne pouvez pas être installé, donc pas de PV. J’ai des années d’expérience, je sais de quoi je parle.

- Oui mais les RAD du lycée ils ont eu un PV

- J’ai pas été claire? C’est pas parce qu’au lycée ils font signer n’importe quoi qu’on doit faire pareil…

Un quart d’heure plus tard, réunion avec le principal adjoint « et bien sûr vous irez faire signer votre PV d’installation »… Joie certaine du narrateur.

 

La suite dans le chapitre 3 où comment le preux chevalier se transforma en documentaliste

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