Chapitre 30, où le preux chevalier retourne à la case départ.

 

 

 

 

 

Retour à la case départ. Sans passer par la case prison. Et en touchant une petite prime pour mes déplacements jusqu’à Fort Fort Lointain. Me revoilà donc au CDI de mon établissement de rattachement. Depuis une monopolyboard.jpgdizaine de jours je ramasse les livres scolaires, surveille les 6e qui lisent des BDs et réalise d’autres tâches essentielles comme remettre les livres dans le bon ordre. Et je ne me plains pas, mais alors pas du tout. Le rectorat a eu le bon goût de ne pas m’appeler jusqu’ici, chose que je n’osais même pas espérer et d’ailleurs même pas écrire, tant les voies du rectorat sont impénétrables.

 

Mais ça y’ est, il reste trois petites semaines au collège et le lycée a fermé ses portes aujourd’hui. Il est plus que probable que je terminerai l’année dans mon château du CDI, preux chevalier revenu au bercail après une longue campagne. Un jour prochain il sera temps de faire le bilan de cette drôle d’année. Mais en attendant, il faut dire que ce retour a plutôt du bon. Les grands sourires sur les visages des élèves que j’avais quittés à noël dernier, les fous rires avec les collègues TZR à la cantine pendant que les titulaires ne desserrent pas les dents (ou alors juste assez pour faire passer quelques grains de semoule) et surtout une délicieuse ambiance de mois de juin, goûter avec mes anciens élèves de seconde compris. J’ai toujours adoré la fin de l’année et puisque cette année j’ai peut-être un peu plus de temps pour en profiter, je pars du principe que j’aurai tort de me priver.

 

Vendredi dernier, c’était le carnaval au lycée. Oui je sais, carnaval au mois de juin… mais j’ai renoncé à comprendre cette drôle de contrée. En tout cas ce carnaval était une sacrée réussite. Une collègue me faisait même remarquer que les élèves travaillaient presque mieux quand ils étaient déguisés. Et elle aussi. En début d’après-midi un concours de déguisement était organisé. Dans une ambiance joyeuse les élèves chantaient et s’applaudissaient les uns les autres. Un bon moment. Vraiment. Alors certes, on peut penser que ce n’est pas au lycée d’organiser ce genre d’événements et puis quoi encore s’ils veulent faire la fête ils ont qu’à aller en boîte de nuit. Mais, pendant ce court moment, j’aurais juré que ce lycée avait une âme. Qu’il était rempli d’êtres humains et pas seulement de flux. De passage en salle des profs avec les collègues TZR nous fîmes remarquer à d’autres profs qu’ils feraient bien d’assister à ce joyeux moment.

« Je les ai déjà vu toute l’année » fut la première réponse. Suivi de « vous verrez quand vous aurez dix-huit ans d’éducation nationale comme moi ». Oui, on verra. Autrement j’espère.

4 Réponses à “Chapitre 30, où le preux chevalier retourne à la case départ.”


  • Bonjour cher collègue,

    je tiens juste à vous rassurer en vous signalant que dans certains établissement le contact entre les « titulaires » et les « TZR » est meilleur que chez vous, qu’il n’y a pas d’ostracisme et que tout le monde oeuvre dans le même sens. A la cantine, tous sont mêlés au point qu’on ne les reconnaît pas ; entre TZR, certifiés, agrégés et administratifs… le repas partagé est signe de qualité de vie et de bon vivre dans l’établissement. Cela existe.

    Il est même des établissements où ce sont les « titulaires » qui vont assister aux activités de leurs élèves (parce qu’ils les encadrent, les organisent, les préparent ou seulement les connaissent)… quand les mêmes TZR s’en moquent en considérant « qu’ils ne sont pas d’ici », ceux-là même qui sont obsédés par leur mutation, bien plus que par leur cours. D’ailleurs certains n’hésitent déjà plus à les bâcler car ils se moquent hélas des bases non acquises d’élèves qu’ils n’auront de toute façon pas en charge l’année d’après, mais qu’ils laisseront aux « titulaires ». Je suis sûr que vous êtes comme moi, convaincu que ce n’est pas comme cela que l’on doit exercer son métier. J’ai été TZR et je suis titulaire : tous les cas et toutes les situations sont vraies.

    Gardez votre optimisme et votre envie d’agir. Ce sera votre bouclier pour affronter le futur. Tant pis pour les grincheux ; TZR ou pas, rectorat ou pas, CDI ou pas… c’est la noblesse de votre mission qui vous donnera vos armes… ou bien un bon mariage.
    ;-)

  • Coucou,
    ca fait un petit moment que je suis ton blog sans poster de commentaires alors je me lance. Je suis une collègue TZR et comme le collègue qui a posté au dessus je t’assure qu’il y a des établissements ou tout se passe bien. Mes collègues titulaires m’ont très bien accueillie dans mes deux établissements cette année.

    Bon courage pour la fin d’année au CDI

  • Serai-je allé encore un peu loin dans la caricature? J’ai un peu forcé le trait, mais
    je vous rassure, TZR et « Poste Fixe » se parlent dans ce lycée et parfois même travaillent ensemble (on aurait même aperçu certains « postes fixes » dans notre gang alternatif de TZR). Par contre, c’est vrai, ils se parlent peu. Et la fracture entre professeurs est bien réelle, qu’elle soit liée à l’âge ou au statut. C’est quelque chose que je n’ai pas vu dans les autres établissements où je suis passé. L’ambiance de ce lycée est parfois surréaliste et certains collègues sont tout simplement des caricatures de vieux profs aigris.
    Mais tout à fait d’accord avec vous, TZR ou pas, l’important est de faire du bon boulot.

  • Non, non, vous n’êtes certainement pas allé trop loin… On sait que cela existe encore ce genre de situation. Dans un établissement proche du mien, il y a deux salles des professeurs… dans l’une aiment à se réunir les agrégés, dans l’autre sont tolérés les certifiés. Fi des TZR, pas tout à fait des profs… Monde d’un autre âge ? Oui ! Mille fois oui !
    Mais je suis contraint d’aller dans votre sens (hélas parce que je regrette cette situation) : les césures sont multiples entre hommes/femmes, jeunes/plus âgés, parents/non parents, scientifiques (sic quand on sait ce qu’enseigne vraiment un prof de maths)/ littéraires (sic quand on sait ce qu’enseigne vraiment un prof de « français »)…
    Mais cela n’est pas propre à l’éduc. nat., enfin je l’espère !

    Allez, trois semaines, et ensuite des vacances bien méritées !
    bonne soirée.

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