Chapitre 28 : où un SOS est lancé.

Un pont, un viaduc, un aqueduc, que dis-je, le tunnel sous la manche en personne. Que n’ai-je pas entendu sur les jours quepontdugard12.jpg  nous traversons. Et ces feignasses de l’Education Nationale qui allaient sans doute en profiter pour encore rien foutre. La force de l’habitude. Et bien à cela je réponds : que nenni! Sans fierté aucune d’ailleurs. Il ne m’est jamais venu à l’esprit de faire le pont et heureusement. Certains rares collègues n’ont pas les mêmes scrupules. Mais nous les connaissonsdéjà : Mr M. avait un problème de voiture, et le prof de SES, qui à lui seul a donné envie à toute la seconde 6 de faire « tout sauf ES », n’a sans doute pas daigné se lever. Pas la peine de s’éterniser sur ces cas, je crois que tout le monde est d’accord sur ce qu’il faudrait faire. Sécurité de l’emploi ne signifie tout de même pas droit à faire n’importe quoi.

Comme quoi on peut-être un odieux gauchiste, voire même un proto trotskiste-soixante-huitard et ne pas trouver des excuses à tout le monde. Tenez, cette semaine j’ai reçu par l’intermédiaire d’une connaissance une lettre de l’association SOS Education, qui me demandait en substance si je voulais bien donner un peu de mon argent pour restaurer l’autorité à l’école. Ah ben tiens, me suis-je dit, comment qu’on fait pour acheter de l’autorité avec de l’argent? Pas encore cotée en bourse l’autorité à ce que je sache…

Peut-être s’agissait-il d’engager une sorte de milice. Un pseudo-flic par salle de cours, voilà la solution.

SOS Education donc. Rien que le titre est tout un programme. Si vous avez la chance de ne pas les connaître, je vous conseille de ne pas aller sur leur site internet que l’on trouve facilement sur google. La visite est particulièrement éprouvante. Sinon un tour rapide vous permettra de vous rendre compte de leurs motivations.

Mais que contenait donc cette lettre, me direz-vous, la curiosité piquée par mes phrases alambiquées? Un petit descriptif est ici de rigueur. Pour commencer, la lettre vous demande si, oui ou non, vous vous êtes bien rendus compte que l’Education Nationale est en train de mourir. Si si. Et pas à petit feu. A vrai dire elle ne forme plus que des abrutis et bientôt plus personne ne saura lire ou compter.

Heureusement, la solution existe. Elle s’appelle Mme Paradis. Joli nom. Une façon de vous dire qu’avec elle on montait au septième ciel.

Alors voilà, l’auteure de la lettre, quand elle était au CP, elle avait Mme Paradis (rien à voir avec Vanessa). Et cette Paradis, quel enfer! Les règles sur les doigts et tout le tralala. La sueur qui perlait du front des élèves avant de rentrer en classe. Ah ça, on n’aimait pas Mme Paradis. Oui, mais quelle enseignante, répond la lettre! Des élèves qui savent tous lire après deux semaines. Et sûrement une ou deux équations du second degré à la fin de l’année. Ah! Le mythe de l’enseignant (ultra Septime) sévère, mais juste, a la peau dure. Le bonnet d’âne, la blouse, les encriers, c’était tellement chouette. Tous avec M6 au pensionnat de Chavagnes!

Malheureusement, ses 85 ans passés, Mme Paradis a dû prendre sa retraite. Bien sûr elle revenait bénévolement donner un ou deux coups de règle. Mais nul n’est immortel. Ce qui veut dire que même les nuls sont mortels.

Pour remplacer Mme Paradis, Mr Purgatoire est arrivé (à SOS Education ils ont pas osé allé jusque-là, mais moi je dis soyons fous, moi je dis filons la métaphore, moi je dis soyons bien lourds qu’enfin tout le monde comprenne). Mr Purgatoire était gentil. Il ne disait vouloir que le bien des élèves. Mais en fait Mr Purgatoire était un peu fainéant. Et il pensait surtout à ses vacances. Et surtout il avait perdu le bien précieux que Mme Paradis lui avait transmis, le saint-graal de l’éducation : l’autorité. Alors voilà, c’est la faute des ces Monsieurs Purgatoire si tout va mal. Enfin pas seulement. Car l’Education Nationale ne meurt pas de sa belle mort, fourbue par toutes ces années d’enseignement, nous dit SOS Education. Non, elle a été assassinée. Que les coupables soient pendus! Accusé Philippe Meirieu levez-vous. Et les syndicats (du crime?) aussi! Shame on you (moi j’ai eu Mme Heaven en Anglais).

Et puis, à peu près au milieu de la lettre de SOS Education, on trouvait cette phrase : « tout le monde est d’accord pour dire qu’il faut laisser du temps à Mr Sarkozy pour ses réformes, qu’il ne faut pas le bousculer ». Et là ça a été plus fort que moi, j’ai arrêté de lire. SOS Education démasqué. Et puis, sérieusement, commencer une phrase par : « tout le monde est d’accord ». Moi, j’aime pas quand on parle pour moi sans me demander mon avis. Elle leur a pas dit Mme Paradis?

Cette drôle de lettre m’inspire plusieurs choses. Car on peut en rire comme on vient de le faire. Mais on peut aussi sûrement remarquer que ce groupe de pression rencontre un réel écho. Dans les salles des profs où j’entends déjà certains collègues (les mêmes parfois que ceux qui ont transformé le week-end en viaduc) dire qu’il y a enfin des gens qui osent dire ce que tout le monde pense. Dans les cabinets du ministère de l’Education Nationale aussi. Car qui était à la pointe de la lutte contre ces instituteurs satanistes qui refusaient obstinément de découper les mots, je vous le donne en mille: SOS Education!

Ce genre de lettre semble appeler une réponse au bazooka. Mais dire que ces gens racontent des bêtises ne signifie pas dire que tout va bien dans l’Education Nationale, que Meirieu a tout bon et que les syndicats sont merveilleux. Pourtant, c’est bien là l’alternative dans laquelle nous enferment ces gens par la puissance de leur bêtise, conjuguée à l’amour des médias pour le noir et blanc. Aussi de cet humble blog, je lance un appel. Recréons les niveaux de gris. La nuance a de l’importance. Et avant de dire des bêtises sur l’éducation, faisons tous un pas de recul. Histoire de ne pas tomber dans le fossé.

Retournons à Fort Fort Lointain quelques instants si vous le voulez bien. Hier matin, 32 élèves de seconde 6 sur 33 et un professeur en pleine forme. De Londres à Bangkok, en passant par Johanesburg, un peu de géographie pour comprendre comment les villes sont faites et pourquoi. Entre quelques bavardages, l’essentiel semble être passé, alors c’est avec le sourire que je mange mon petit salé aux lentilles. 14h. 7 élèves de première pro sur 21. Le programme presque fini, j’opte pour un documentaire sur ce qui se trouve dans nos assiettes. A voir leurs têtes, ils ne mangeront peut-être plus du poulet de la même façon et feront, qui sait, peut-être plus attention au supermarché. Et c’est déjà ça de gagné. 15h. 10 élèves de BEP sur 31. Pas le temps pour le DVD, le BEP est dans trois semaines. Je fais cours comme prévu dans une atmosphère très détendue. Et j’essaye d’expliquer les différences entre la droite et la gauche. Tout ça n’intéresse guère Majid. Il préfère parler de cette fille qu’il a croisée dans la rue avec son voisin. En des termes peu élégants. Alors je l’arrête et je lui explique qu’il pourrait en parler autrement. Surtout en cours. Avec un petit sourire, JB lui indique donc qu’il serait plus approprié de dire que cette fille est « séduisante ». Toute la classe pouffe, bien sûr. Sérieux, il vient d’où ce mot? Majid, lui aussi il trouve ça marrant. Alors il veut s’y mettre aussi. « Ouais, c’est ça, elle est séduisante cette fille. Elle est … sonctueuse! ».

Le preux chevalier.

 

17 Réponses à “Chapitre 28 : où un SOS est lancé.”


  • En pleine forme le preux chevalier. Au poste alors que ses commentateurs font manifestement le viaduc.

  • chrisdelafayette

    Je me permets de remettre le texte dans l’ordre :

     » Mr Purgatoire était gentil. Il ne disait vouloir que le bien des élèves. Mais en fait Mr Purgatoire était un peu fainéant. Et il pensait surtout à ses vacances. Et surtout il avait perdu le bien précieux que Mme Paradis lui avait transmis, le saint-graal de l’éducation : l’autorité.  »

     » 10 élèves de BEP sur 31. Pas le temps pour le DVD, le BEP est dans trois semaines. Je fais cours comme prévu dans une atmosphère très détendue. Et j’essaye d’expliquer les différences entre la droite et la gauche. Tout ça n’intéresse guère Majid. Il préfère parler de cette fille qu’il a croisée dans la rue avec son voisin. En des termes peu élégants. Alors je l’arrête et je lui explique qu’il pourrait en parler autrement. Surtout en cours. Avec un petit sourire, JB lui indique donc qu’il serait plus approprié de dire que cette fille est ?séduisante?. Toute la classe pouffe, bien sûr. Sérieux, il vient d’où ce mot? Majid, lui aussi il trouve ça marrant. Alors il veut s’y mettre aussi. ?Ouais, c’est ça, elle est séduisante cette fille. Elle est ? sonctueuse!?.  »

     » Mais dire que ces gens (SOS éducation ndlr) racontent des bêtises ne signifie pas dire que tout va bien dans l’Education Nationale, que Meirieu a tout bon et que les syndicats sont merveilleux. Pourtant, c’est bien là l’alternative dans laquelle nous enferment ces gens par la puissance de leur bêtise, conjuguée à l’amour des médias pour le noir et blanc. Aussi de cet humble blog, je lance un appel. Recréons les niveaux de gris. La nuance a de l’importance.  »

     » Car l’Education Nationale ne meurt pas de sa belle mort, fourbue par toutes ces années d’enseignement, nous dit SOS Education. Non, elle a été assassinée. Que les coupables soient pendus!  »

     » Sécurité de l’emploi ne signifie tout de même pas droit à faire n’importe quoi.  »

    Je résume :
    - vous êtes contre les abus de pouvoir d’enseignant à « apprenant » (jargon iufm) et moi aussi.
    - mais vous utilisez le mot « autorité » dans le sens de pouvoir alors que cela n’a rien à voir. L’un est légitime, l’autre est juste légal.
    - être contre l’autorité reviendrait à être « fainéant » à l’image de M. Purgatoire ? c’est visiblement le cas de certains de vos collègues, dénoncez-vous.
    - mais être contre l’abus de pouvoir, assimilé à l’autorité, n’est-ce pas aussi laisser des élèves parler de filles en classe et les reprendre gentiment au titre qu’ils n’ont rien fait de mal, plutôt que de stopper la conversation avant que les autres ne s’en mêlent et rient à leur tour… trop tard, c’est fait.
    - alors où est « la nuance », le « niveau de gris » ? je ne le vois pas bien. Si c’est dans le côté : je laisse mes élèves se détendre cinq minutes en classe car une heure c’est long… alors moi j’ai une autre vision : ne faut-il pas les intéresser au point qu’ils ne pensent à rien d’autre qu’à apprendre et avoir une autre vision du monde que celle des filles qu’ils ont croisé le matin ? On en revient à la passion du prof certes, mais vous réclamiez seulement de faire preuve de compétence : le bavardage inutile et parasite en classe est-il preuve de compétence ?

    En fait, sous couvert d’humour et de soi-disant second degré, vous vous en donnez à coeur joie pour taper sur certains de vos collègues (et de l’Administration), pour nous montrer un peu de condescendance vis-à-vis de vos élèves, mais vous laissez transparaitre de grosses failles : enseigner aujourd’hui c’est peut-être (et Fort heureusement) ne plus être arbitraire et absolutiste, mais cela n’empêche en rien de garder son autorité : avec celle-ci, vos cours atteindront mieux leur but.

     » Entre quelques bavardages, l’essentiel semble être passé  »
    Eh oui ! tout est dans le « semble »…. Hélas.

    Je me retire…
    Chrisdelafayette

    ps : coucou à Mireille qui me taxera de réac’ sarkozyte et à tto45 qui me dira une fois de plus que je ne sais pas apprécier l’humour.
    et pourtant, si vous saviez…

  • Décidément cher Chris de La Fayette, vous vous faites des noeuds dans la tête que j’ai parfois bien du mal à comprendre. Mais reprenons :
    - pour ce qui est des nuances de gris, vous semblez avoir du mal à les cerner. A aucun moment je n’ai assimilé l’autorité au pouvoir. Dire que SOS Education raconte des bêtises en faisant de l’autorité du professeur la cause de tous les problèmes et la solution ultime ne signifie pas déclarer que l’autorité dans une salle de cours est inutile ou inappropriée ou je ne sais quoi. Ca me sembler évident mais bon, parfois il faut répéter.
    - pour ce qui est du « semble être passé », désolé pour vous, mais il ne s’agissait là que de fausse modestie : l’essentiel EST passé, très bien passé et mieux qu’avec la plupart de mes collègues, les copies de mes élèves en témoignent ainsi que le retour qu’ils m’en font. La compétence est là, je vous rassure. Plus sérieusement, il me semble que dans ce métier on ne peut pas être totalement sûrs des résultats obtenus et quantifier ce qui oui ou non relève de notre pratique. Voilà l’origine de ce « semble ». Cela s’appelle tout simplement de la prudence, or comme chacun sait prudence rime avec nuance…
    - Enfin pour ce qui est des élèves, que j’aurais dû intéresser au lieu de les laisser parler de filles, je préfère penser que vous ne savez pas de quoi vous parlez et que vous ne savez pas ce qu’est un élève de 17 ans, surtout à Fort Fort Lointain, surtout en BEP. Vous n’avez de toute évidence jamais enseigné en BEP ou alors si c’est le cas, et si vos élèves n’ont jamais eu la moindre envie de discuter « filles » avec leurs voisins il faut vraiment que vous vous signaliez que l’on vous statufie vivant comme l’incarnation en chair et en os de Victor Novak aka Gérard Klein.
    Plus sérieusement : dans quel monde vivez-vous? Vos élèves se taisent peut-être. Mais soyez-en sûr, ils n’en pensent pas moins et ils n’en pensent pas mieux.

    Le Preux Chevalier.

  • Chrisdelafayette,
    J’en viens à me demander si vous n’êtes pas simplement un canular vivant. Créez votre blogue ou mieux votre église. Vous pourrez y tenir vos prêches. Sur ce blogue, décidément et après avoir un peu espéré, vous n’apportez strictement rien.

  • Un complément pour Chris (j’enlève Lafayette qui n’a pas mérité que vous l’utilisiez). Vous semblez confondre autorité et pouvoir. La lecture d’Hannah Arend devrait pouvoir vous éclairer.
    http://tto45.blog.lemonde

  • Coucou Chris,
    Avec ce verbiage abscons et ce ton de Mandarin, vous voilà donc encore blackboulé !… Vous tendez vraiment les verges pour vous faire fouetter !… S’il vous est arrivé d’enseigner à de vrais élèves, je doute qu’avec ce discours terne, monotone et sans saveur, vous ayiez pu les tenir en haleine plus de dix minutes !… Ou alors, nous allons partir en délégation à Rome avec Sarko et Bigard pour demander votre béatification à Benoit XVI, car vous devez nous parler de la-haut, vous n’êtes plus vivant, vous n’êtes plus de notre monde !…
    Et moi qui, à la lecture de votre réponse à mes quatre lignes qui vous ont fait sortir de vos gonds, m’apprêtais à vous donner du « Camarade Chris », je ne suis ni du SNES, ni d’extrême droite (horreur !). Nous sommes tous les deux de la Gauche très plurielle, nous devrions donc parvenir à une synthèse !… D’autant que mes quatre lignes n’étaient rien d’autre qu’une boutade à ma façon, mais qu’il n’était nullement de mon intention de vous bouter hors ce blog ! Car je récuse les qualificatifs « d’intolérante, d’excluante, de sans nuance, sans second degré, sans humour ». Par contre, j’accepte volontiers « impétueuse et malpolie », sauf que ce dernier fait une peu « vieille france »…
    Et avec votre « Pan sur le bec », on pourrait penser que vous êtes un lecteur du Canard Enchaîné ! Encore un point commun ! Mais, ils l’ont la-haut le Canard ? Au Paradis, c’est pas possible !… Mais au Purgatoire, pourquoi pas ?…Vous n’êtes quand même pas en Enfer ?…
    Et puis, avec votre « douce Mireille » vous m’avez fait fondre de plaisir et jouir sans entrave !… Alors, je pensais vraiment que nous allions trouver un terrain d’entente pour soutenir notre Preux Chevalier, et nous rallier à son panache blanc, ou gris…tout en nuance…
    Mais, mon pauvre Chris (toujours la même condescendance) là, je suis désespérée, je pense que vous êtes irrécupérable. Essayez de vous réincarner et on profitera du prochain pont pour fêter ça avec TTO45 ! Au fait, ce TTO45, je le verrais bien Prof de Philo, moi. Et vous ?…

  • chrisdelafayette

    « Blackbouler » a deux sens : être évincé par un vote sanction ou être refusé à un examen… je ne savais pas que l’on devait passer un examen pour s’exprimer sur un blog.
    Evidemment, ce n’est pas le sens que vous donniez à ce mot. Vous l’utilisez (improprement) au sens de « se faire envoyer bouler » (terme plus familier mais plus juste ici, mais le verbiage c’est justement d’employer à tort des mots car ils « font mieux » que d’autres… Pan sur le bec, mais gentiment !), ce qui est différent. Pourtant vous n’êtes pas loin de la vérité ; c’est la loi du vote : « a voté ! » … mais qui a dit que la majorité avait forcément raison ? Il faut respecter son vote et s’y soumettre, cela ne veut pas dire qu’elle a raison.
    Passons à autre chose, ce n’est guère intéressant.

    Purgatoire ? oui , c’est une situation qui me convient… entre ange et démon, sans que l’on sache, sans que je sache vraiment moi-même. C’est ce qui permet d’avancer, de se remettre sans cesse en question ou à la tâche. Le démon n’a plus aucun espoir et l’ange peut se complaire dans ce qu’il est ; on ne passe pas de l’un à l’autre… alors être entre les deux me convient bien.

    Enfin, ce n’est pas parce qu’on cite sans cesse Hannah Arendt qu’on est forcément philosophe. Et ce n’est pas parce qu’on est philosophe qu’on a forcément raison. Et ce n’est pas en citant toujours un seul auteur en boucle qu’on ouvre son horizon.
    D’autres philosophes (lumineux sans être illuminés) ont disserté sur la tolérance, alors qu’Hannah Arendt en a une vision très orientée, qu’elle a construite sur un mode d’opposition. Alors oui, j’ai lu « le système totalitaire » et « sur l’antisémitisme » (cela ne fait pas de moi un philosophe), j’y ai trouvé matière à nourrir la réflexion, mais attention, il faut aussi lire Ian Kershaw et Kristof Pomian pour compléter sa définition du totalitarisme, sinon elle reste incomplète et trop « orientée ». Arendt n’était pas historienne.
    Voltaire ou même Tahar Ben Jelloun ou Gabriel Garcia Marquez n’apportent-ils pas autant ?

    Allez, ne soyez pas désespérée, il n’y a pas de quoi. C’est la contradiction et l’échange qui permettent de faire réfléchir et de réfléchir. A être toujours consensuel, on finit par ne plus exister.
    Mais le problème, c’est que mes lignes passent mal car il faudrait certainement dire : « ouaih, chouette, merci Preux Chevalier pour ce chouette blog et votre humour ». J’ai choisi une autre voie : celle de la contradiction et de la mise en lumières de quelques menues contradictions. Menues, je dis bien. Pas de quoi me « blackbouler ». Juste de quoi discuter encore et encore. A l’image de la société actuelle.

    Chrisdelafayette

  • Pour moi le débat est clos. Seuls m’intéressent ceux qui tentent et s’exposent. Les critiques anonymes et pontifiants n’apportent rien. Je ne commenterai donc plus les interventions de ce type et me contenterai de lire avec plaisir la prose du preux et courageux chevalier.

  • chrisdelafayette

    Je ne vous comprends pas vraiment tto45 :
    oui, vous affichez une photo, mais pour le reste : internet = un grand monde virtuel… chacun y glâne et y vibre selon ses envies.
    même notre preux chevalier est un anonyme ; savez-vous où est Fort Fort Lointain ? Moi non… Mireille, Chris sont des prénoms… tto45 n’en est pas un…
    Chevalier serait courageux parce qu’il ouvre un blog ? si c’est ça, la notion de courage, Hannah Arendt doit se retourner dans sa tombe, vous ne pensez pas ?
    « Les critiques anonymes et pontifiants n’apportent rien » : non, pas plus que cette « foultitude » de blogs qui ne reflètent rien sinon des envies passagères de millions de gens qui s’ennuient et qui cherchent à exister un tout petit peu. Moi je n’ai pas envie d’exister ainsi, mais j’aime bien me promener, vous rencontrer.
    En fait, j’ai touché au mythe : Arendt que vous semblez idolâtrer. Voilà mon tort. Car pour le reste, je fais comme vous tous ici, je commente juste un blog selon mes envies du moment.

    Ce type… c’est juste un miroir. Mais un miroir déformant. La vérité n’est pas ici, ici « on passe le temps » comme chantait Brel… On se rencontre, on se croise, on se ment, on s’amuse, on parodie, on apprend, on s’énerve, on essaie, on écrit, on est d’accord (ou pas), bref on vit…rtuellement !!!

    chrisdelafayette

  • ouh la lla, ça part en live les commentaires ici… je n’ir

  • Désolée, une faute de frappe et j’ai envoyé mon commentaire sans avoir terminé de le rédiger. Je voulais dire que je n’irais pas chercher aussi loin que chrisdelafayette et, tout comme tto45, me contenterai de lire tes billets qui sont, à chaque fois, d’une grande qualité.

  • Je confirme, Aud, les commentaires partent en live et j’ai bien peur que ces échanges un brin stériles ne découragent les commentateurs bien intentionnés (réguliers ou occasionels)… J’ai du mal à concevoir un blog avec de la censure, donc pour l’instant je ne les supprime pas. En attendant il serait bienvenu que ça s’arrête là. L’idée de ce blog est de concilier autant que possible sérieux et légéreté. J’ai peur que cette dernière n’ait que trop disparu. Allez, retour à la bonne humeur et bon lundi à tous!

  • Cher preux chevalier,
    Tout d?abord bravo pour votre blog. Merci de nous relater vos multiples péripéties avec vos élèves, vos collègues et votre Administration avec autant d?humour de détachement et de cynisme.

    Si je me permets d?écrire aujourd?hui, c?est que certaines réactions m?ont fait bondir. J?en ai marre moi aussi de ces donneurs de leçons à la mode « grand papa », qui de plus, sont les premiers à nous considérer au mieux comme des incompétents, au pire comme des fainéants.

    Je souhaiterai donc apporter quelques précisions sur le métier de prof et ses nombreuses contraintes.

    1/Ce ne sont pas les profs qui décident des formations délivrées dans l?établissement. On sait parfaitement que certaines formations ne débouchent sur rien, mais c?est le « saint rectorat » qui décide pour nous.

    2/Ce ne sont pas les profs non plus qui décident des contenus qu?ils doivent enseigner. Au mieux, ce sont de hauts fonctionnaires qui suivent les ordres d?obscures commissions (rempli d?experts bien sûr), au pire par un petit homme dernièrement élu président.

    3/Les profs n?ont plus la liberté pédagogique : Ce sont les nombreux décrets qui nous obligent à « mettre l?élève au c?ur de sa formation » (bon là, je n?ai encore pas tout compris), à « mettre en ?uvre une pédagogie qui doit donner envie à l?apprenant d?apprendre » (?qu?on me donne l?envie..). Et rassurer vous, même si l?inspecteur ne passe que (trop) peu souvent, dans son joli rapport, il ne manquera pas de signaler si ces pratiques pédagogiques sont mises en ?uvres.

    4/Et là, c?est un point de vu qui n?engage que moi, dans le système privé (eh oui j?en viens), lorsque que sur un projet, un objectif précis, vous vous défoncez pendant un an, vous ne comptez pas vos heures et que vous réussissez, vous pouvez toujours aller voir le DRH pour négocier une promotion, une augmentation de salaire, etc. Dans l?éducation nationale, on considérera que cela fait parti de votre job et vous aurez droit au mieux à l?immense reconnaissance de votre hiérarchie pour la mise en ?uvre de cette nouvelle réforme (car eux même n?avait aucune idée pour arriver au résultat).

    Bon voila, j?arrête car ça devient trop sérieux et qu?une des nombreuses raisons pour laquelle je viens sur ce blog c?est l?humour et la démystification des difficultés du métier d?enseignant.

    Bonne continuation à toi preux chevalier, et pour finir je ne peux m?empêcher de citer Desproges qui parlait en ces termes de l?humour :

    « S’il est vrai que l’humour est la politesse du désespoir, s’il est vrai que le rire, sacrilège blasphématoire que les bigots de toutes les chapelles taxent de vulgarité et de mauvais goût, s’il est vrai que ce rire-là peut parfois désacraliser la bêtise, exorciser les chagrins véritables et fustiger les angoisses mortelles, alors, oui, on peut rire de tout, on doit rire de tout. De la guerre, de la misère et de la mort. Au reste, est-ce qu’elle se gêne, elle, la mort, pour se rire de nous ? Est-ce qu’elle ne pratique pas l’humour noir, elle, la mort ? Regardons s’agiter ces malheureux dans les usines, regardons gigoter ces hommes puissants boursouflés de leur importance, qui vivent à cent à l’heure. Ils se battent, ils courent, ils caracolent derrière leur vie, et tout d’un coup, ça s’arrête, sans plus de raison que ça n’avait commencé et, le militant de base, le pompeux PDG, la princesse d’opérette, l’enfant qui jouait à la marelle dans les caniveaux de Beyrouth, toi aussi à qui je pense et qui a cru en Dieu jusqu’au bout de ton cancer, tous, nous sommes fauchés, un jour, par le croche-pied de la mort imbécile et les droits de l’homme s’effacent devant les droits de l’asticot. Alors, qu’elle autre échappatoire que le rire, sinon le suicide ? Poil aux rides ? »

  • chrisdelafayette

    allons, allons, zigetzag,
    on ne doit pas se laisser décourager ainsi.

    Pour les trois premiers points, on ne peut pas passer son temps à critiquer des programmes trop chargés (et ils le sont !) ou la faute de « l’administration ». Le professeur a encore (et heureusement) sa liberté pédagogique. Les programmes servent à donner un cadre, pas à fixer le contenu : c’est sur le contenu que l’on peut/doit agir, à la fois pour trouver le plaisir d’enseigner sa discipline (satisfaction égoïste mais nécessaire pour garder sa passion) et donner du plaisir à l’élève d’apprendre (satisfaction tout aussi nécessaire, vous en conviendrez).
    Au rectorat, ils font leur travail ; oui l’élève doit être le centre de votre pédagogie ; dans certaines matières, la liberté est plus grande (français histoire EPS langues) que dans d’autres (maths physique bio travaux en atelier ou même économie)

    Pour ce qui est « du privé »… je ne peux pas commenter car je ne sais pas vraiment comment cela s’y passe. Mais ce qui est sûr… c’est que vous pouvez « vendre » vos actions, les faire valoir et demander une compensation. « L’administration » fait souvent peur, à tort, mais elle a des leviers pour dynamiser et motiver : les fameuses HSE. Tout n’est pas du bénévolat.

  • Mr chrisdelafayette,
    je vous rassure, je ne suis ni découragé, ni depressif et encore moins naif.
    Je m’éclate totalement dans mon boulot de prof avec des BEP en « zone sensible ».Contrairement à mon ancien poste dans l’industrie, je me sens utile.
    Je suis un pur produit de l’industrie et du libéralisme ayant decidé un jour que « leurs vies valaient plus que leurs profits » (hi hi hi).Cependant, face à votre critique « bien pensante », sachez qu’un jour si vous êtes en travers de mon chemin, votre bayonnette ne fera pas le poids face aux armes multiples que m’ont fourni l’industrie. De plus sachez aussi que je tendrai toujours la mains à un preux chevallier, qui doute de ce qu’il fait, de comment il le fait et de l’utilité de tout cela. Sur ce, se sera mon dernier post à votre envers (hi hi hi)et je vous souhaite une vie pleine de certitudes.

  • chrisdelafayette

    Me voilà rassuré. ;-)

    Je crois, qu’à l’instar de quelques-uns ici, vous n’avez pas compris le sens de mes propos, et je pense au contraire que nous avons le même point de vue concernant les élèves, les programmes, notre but à tous dans ce monde merveilleux de l’éducation, les faux-semblants du système.
    Mais le blog, et l’écriture en général, déforment la pensée en fonction du regard de celui qui lit.
    Je n’ai jamais attaqué notre preux chevalier. Je l’ai mis en garde. N’est-ce pas le propre d’un vassal qui doit aide et conseil à son seigneur ? Je ne suis qu’un fieffé vassal en ce cas.
    Oui, j’ai peut-être un « style » trop direct et trop « donneur de leçon », cela ne fait pas de moi un Barbe bleu dévoreur d’enfants. Attention aux mythes et aux faux-semblants trop vite construits.

    Pas grave (hihihi), continuez de tendre la main à notre Preux chevalier. Je fais de même… Notre « combat » de chaque jour est honorable.
    Auprès du roi Arthur, tous les chevaliers ne sont pas unis, n’ont pas tous les mêmes buts ni les mêmes armes ni les mêmes envies, pourtant tous marchent dans la même direction. (cf les aventures du roi Arthur chaque soir sur M6) (il en est même un qui a pris la femme du roi…)

    Longue vie aux certitudes de chacun, les miennes que je défends, les vôtres que vous défendez tout aussi âprement (tel d’autres chevaliers en ce lieu du reste).

    ;-)

  • guillaume de rien du tout

    salut collègue TZR,
    je te remercie pour ce blog découvert il y a quelques mois entre allers et retours sur les sinueux chemins de ma « zone »…
    Ne t’en fais pas pour certains commentaires qui s’y lisent (hélas!) parfois, ils ne découragent pas tes lecteurs, ils donnent juste envie d’attendre avec d’autant plus de plaisir les nouvelles pages de l’histoire. Je compatis néanmoins à ta douleur probable de voir que les « commentaires » de tes interlocuteurs les plus insistants relèvent soit du narcissisme de la chaire soit du cynisme de l’argent. J’espère toutefois que tu sauras sublimer cette douleur en art comique…
    Sinon, personnellement, je préfère Aristote et Rosa Luxembourg (hihi)!
    sans déconner
    ciao

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