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Archive journalière du 9 avr 2008

Chapitre 26 où le chat fait « miaou, miaou »

 A Fort Fort Lointain, l’extraordinaire devient ordinaire aussi vite que la tectonique se démode. La preuve en deux temps.

Acte I : vendredi dernier les premières pro décident d’un commun accord de pèter un câble. Plus question de laisser les BEP devenir les légendes du lycée. Nous aussi on veut notre part. Comme me l’ont affirmé certains des plus beaux spécimens de la classe : « on veut devenir les number one ». Sous-entendu des classes les plus chiantes. Et à force d’efforts (ou d’absence d’efforts) ils y parviendraient presque. Une prof principale en arrêt maladie entre autres parce qu’elle ne les  supporte plus et vendredi, donc, une bataille de boulettes de papiers pendant mon cours. Beau bilan pour un début.

pelotebasque.pngTout professeur apprend vite qu’il existe plusieurs types de batailles de boulettes. Et que tout dépend de l’arme utilisée. Un peu comme à la pelote basque, on peut, ou non, choisir de se servir d’ustensiles et d’utiliser les murs. La bataille de type sarbacane, avec mini-boulettes et stylo bic est ainsi devenue légendaire et très appréciée des élèves pour sa discrétion relative. Mais vendredi mes pré-pro n’étaient guère intéressés par la discrétion. J’aurais plutôt juré qu’ils cherchaient à se faire remarquer. C’est donc de la boulette de gros calibre qui vola en salle 128, de type feuille A4 roulée en boule. Une première salve lancée par le dernier rang sur le premier pendant que le professeur a le dos tourné et soudain c’est l’escalade. Avec un minimum de discrétion tout d’abord et puis finalement sans gêne, parce que quand y’a de la gêne y’a pas de plaisir.

Peu à peu je transforme donc les élèves en femme de ménage tout en leur promettant l’enfer, continue le cours et essaye tout de même de les garder dans la classe parce que virer les élèves c’est mal . Mais certains, voyant que je me retourne décidément de moins en moins souvent, décident de ne plus attendre et lancent des boulettes sous mes yeux ébahis. 18 ans de moyenne d’âge dans la classe et l’impression que le cirque Bouglione est en ville. Je décrète donc la fin des hostilités. 21 élèves dans la classe, 19 présents et 6 virés pour « guerre de boulettes de papier » qui plaident bien sûr tous la légitime défense. Changement d’ambiance pour la fin du cours, type mouche qui vole et passage chez le proviseur adjoint en sortant.

Je lui explique alors que je n’avais encore jamais vu ça, même en BEP. Il me rétorque que « ce sont de gentils élèves, mais ils sont sans doute un peu déstabilisés par l’absence de Mme D.

- Oui… enfin ça fait tout de même un mois que ça se dégrade dans toutes les matières et qu’ils ne font plus rien…

- Vous savez, il y a dans cette classe des élèves qui se rendent compte que, peut-être, ils n’auraient pas dû aller en Bac Pro, alors pour eux c’est dur. Collez ceux que vous avez exclus, ça devrait suffire ». Certes. Lorsque je suis revenu les voir à 17h pour la deuxième heure de cours le sol était à nouveau constellé de boulettes. Les chenapans avaient recommencé en cours de maths.

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