Chapitre 19, où le preux chevalier affronte un nouveau type d’armée.

Un bonheur n’arrivant jamais seul, mon nouveau poste s’est accompagné d’un petit cadeau de choix. Un an et demi après mes débuts, les voilà, mes premiers collégiens. Garantis moins de 16 ans (quoique…). Toute une classe de 5ème. Rien que pour moi. Des tout petits gamins. Même pas nés quand l’OM remporta la coupe aux grandes oreilles. A peine conçus quand Kurt Cobain décida que 27 ans ça suffisait. Oui, 21 têtes d’anges, ne sachant même pas qui est Edouard Balladur (petite photo pour ceux d’entre vous qui auraient oublié).

balladur.jpg 

« Je vous demande de vous arrêter », nous disait ce cher Edouard. J’ai essayé. Sur tous les tons. Mais rien n’y fait. Ma petite troupe de monstres ne veut rien entendre. Ai-je à faire aux terreurs du collège? Que nenni. Foi de collègues, ceci est du collégien lambda, comme on en trouve dans tous les collèges de France. Bon, certes, ils sont pas bien futés, mais il paraît que c’est le coin qui veut ça. « Ce n’est pas une classe particulièrement difficile » avait annoncé le principal adjoint. Dans un rictus il avait ajouté : « c’est juste que la mayonnaise n’a pas pris ». Enfin tout ça pour dire que si c’est ça les collégiens lambda, je me demande ce que c’est que le label rouge…

Les mardi après-midi sont donc désormais bien musclés. Ambiance Philippe Lucas et 21 Laure Manaudou qui ne veulent pas travailler. Alors forcément le clash arrive. Et c’est la bien nommée merveille, qui s’y colle (et oui, j’ai sucré la majuscule de son prénom parce que j’avais envie) : « J’aimais pas Mme E. mais vous c’est encore pire, je vous déteste ». « Ca se passe pas comme ça avec moi ». « Vous avez parlé à la prof principale, vous êtes qu’une balance. Les profs c’est tous des balances ». Comme si ça ne suffisait pas, merveille, bien sûr, prend le soin d’exprimer sa pensée sur une feuille destinée à sa voisine. Ca donne à peu près ça « Le prof il é nouvo é t’a vu comman il m’ parle. I s’la jou genre racail, j’é envi de le bité (sic) ». Evidemment merveille, finit le cours chez le CPE, avec rapport détaillé et passage chez le principal adjoint. Mais soyons-franc, le preux chevalier n’en mène pas large. Car la 5ème 7 est loin de se résumer à la seule merveille.

Certes, leurs armes sont très classiques. Lancer de stylo accompagné du « c’est pas moi » d’usage, cri d’animal et air innocent, incapacité totale à se taire. Rien que du très connu, ceux-là n’ont pas inventé la poudre. Mais leurs réactions à mes salves m’intriguent plus. Oh, il y’a bien du « non, monsieur, mettez pas de mot dans mon carnet, mon papa va me tuer », mais il y’a surtout beaucoup de « ouais, ouais, c’est ça », « j’en ai rien à foutre » et autres « ça me casse les couilles », suivis du « j’ai rien dit » d’usage, évidemment. Aurait-on créé une nouvelle race de petits monstres? Du genre à n’avoir peur de rien dès la 5ème?

Face à cette armée bien entrainée, le preux chevalier fait figure d’amateur. Ses armes habituelles (ironie, répartie et le terrible trio séduction/humour/rappel à l’ordre) semblent inopérantes. Tel un Rambo de la salle C11, j’ai néanmoins à ma disposition un armement plus conventionel : gueulantes, carnet, heures de colle, CPE… Mais, force est de constater que je ne suis pas encore passé maître dans son utilisation. Une question me traverse l’esprit : « et si c’était pas ma guerre? »

rambo.jpg

Rassurez-vous, le preux chevalier ne baisse pas les armes. Mais, face à cette nouvelle armée, à leurs moeurs étranges – que mes collègues semblent considérer comme affreusement scandaleuses et terriblement normales– la mission s’annonce plus difficile que prévue et la victoire incertaine. Une autre question, plus insidieuse, me traverse l’esprit :  à quel moment l’éducation nationale est-elle devenue un champ de bataille ?

Le preux chevalier

ps : que les personnes qui sont arrivées sur ce site en tapant « tzr Steevy » et « charcuterie Caroline 31 » se dénoncent!

Pps : Oui, je sais, Big Brother is watching you

20 Réponses à “Chapitre 19, où le preux chevalier affronte un nouveau type d’armée.”


  • hussard cégétiste

    Ça t’apprendra à pas faire grève un jour de grève !

    (oui c’est mesquin, je confirme)

    Pour les petits monstres, je propose deux stratégies :

    - la décimation : en liquidant 10% de l’effectif par cours, en 10 cours, c’est réglé.
    - la démagogie : marchera pas mais ça mettra les collègues en rogne.

    Good luck

  • Tombée là par hasard en provenance d’un autre blog très passionnant, je me régale à chaque intervention !
    Et tout particulièrement celle-là ! Il faut dire qu’ils ressemblent nettement aux miens, de petits monstres, sauf qu’ils ont un an de plus que ceux que vous cherchez à comprendre. L’air de la campagne les fait peut-être vieillir plus vite…

    Personnellement, je me pose la même question sur le fait que les collègues trouvent leur comportement tout a fait normal… à 24 ans, j’ai peur de passer pour la passéiste de service, mais… de mon temps….

    En tout cas, accrochez vous, ils seront matés les petits monstres, et sinon, comme disent si bien mes collègues.. plus que 6 mois à tenir, et après, promis, on fait en sorte de ne plus les revoir !
    Et surtout, continuez à nous régaler avec vos histoires !

  • J’adore, en bas de votre article, la petite annonce qui recherche des professeurs…
    Trève de plaisanterie : d’ici quelques semaines, à ce rythme là, quand le proviseur viendra dans la classe voir comment vous vous en tirez, il trouvera les chaises vides, et vous, assis contre le mur, sous le tableau, l’air hagard.

    Et là, vous lui direz :

     » ils sont tous morts mon colonel ».

    Ben oui, je connais mes classiques…

  • ah!! merci merci de relater ton expérience qui ressemble tant a la mienne!!

    pour le moment je suis  » princesse sans château fixe  » qui soutient les marmots en anglais!!

  • Ca fait un moment que je lis tes aventures, cher collègue, et que je me délecte de voir avec quel humour tu sais raconter les pires situations !
    Déjà le coup du remplacement à Fort Fort Lointain, je compatissais très fort ; ayant moi-même – comme tout bon TZR qui se respecte – été dans cette situation, je sais la fatigue que ça représente et les heures passées dans les transports à te demander ce que tu es venu faire dans cette galère.
    Mais alors là, le coup de la classe de collégiens « lambdas » qui transforment la classe en champ de bataille, … je me réjouis que tu saches encore une fois en parler avec humour, sans doute est-ce ce qui te permettra de tenir dans le métier. Mais en même temps, ça me scandalise que le cours puisse, comme tu le dis, se transformer en guerre ouverte.
    Qu’attend-on pour faire la révolution et montrer vraiment ce qu’est le métier ?! Combien d’années encore à aller en cours avec la peur de ne pouvoir maîtriser les élèves, la sensation d’aller au front, de devoir les affronter, alors que nous sommes censés être là pour les guider, leur transmettre quelque chose ? Quand comprendra-t-on que nous ne sommes pas l’ennemi à abattre, mais des gens qui voudraient tout simplement ENSEIGNER, et pas éduquer ou dresser !
    Désolée si j’ai du mal, après plusieurs années en collège (« lambda »… et aussi des collèges un peu plus « label rouge » !) à trouver la situation amusante. Je trouve trop triste que notre raison d’être devant les enfants soit ainsi déformée, et que nous soyons chaque jour obligés de nous armer avant d’aller vers eux.
    Mais hauts les coeurs, « profession professeur, un beau métier, un grand métier ! », comme le disaient les slogans quand j’ai signé. Engagez-vous, rengagez-vous, qu’ils disaient…
    Signé : une prof qui se reconnaît trop dans ce que tu décris et qui a parfois du mal à voir les aspects positifs… !

  • Je m’attendais un peu à ces cinquièmes catastrophiques… C’est une autre culture!
    Pour ma part, j’ai eu tous les niveaux de la sixième à la terminale (eh oui deux ans de carrière, le tézédariat, ça forge!!!) et les cinquièmes sont mes bêtes noires : ils ne sont plus en sixième donc ils se la pètent pour faire les malins devant les quatrièmes et les troisièmes. Leur arme fatale réside dans la stratégie très élaborée de l’attaque du pauvre remplaçant qui débarque (mais aussi des autres profs quand même…)! Sans vouloir être pessimiste, je doute que l’usage répété de la contre-attaque via le carnet de correspondance puisse faire valoir la grande vertu et la bravoure du preu chevalier… encore que… tout dépend de la fréquence à laquelle les autres profs mettent chacun leur petit mot. Si tu te retrouves seul à griffoner les carnets et de manière trop fréquente, t’as un peu l’air d’un con à force et les élèves ne tardent pas à te le faire remarquer, voire de tenter de battre les records de mots dans le carnet pour les plus vaillants… Je pense que l’intrevention divine du principal (à condition bien sûr qu’il soit bienveillant et qu’il ne se contente pas de te dire « bonjour, ça va? j’ai pas le temps, désolé ») pourrait permettre au preu chevalier de se sortir de cette nouvelle épreuve digne des aventures d’Ulysse confronté au Cyclope. Car le principal dispose d’une arme redoutable : le téléphone, ce petit appareil permettant de contacter les parents (mais là encore les parents seront-ils coopératifs???). Autre arme redoutable : son autorité divine (enfin…pas tous) qui vient calmer tout le monde, mais qui, c’est un inconvénient, crée parfois une animosité dans la classe (mais si elle y est déjà…). Voilà pour les petits conseils qui pourraient marcher (note toutefois l’utilisation du conditionnel). Mais j’avoue que la philosophie du « il reste plus que six mois » est parfois l’ultime recours.
    Bon courage et, à l’occasion, explique-leur qui était Kurt Cobain, qui sait, ça pourrait leur donner des idées ((« lol », (va falloir aussi se mettre à leur langage : « je rgole » au cas où tu le saurais pas, ce qui m’étonnerait), ils ne méritent tout de même pas de disparaitre dans un état de totale ignorance!).
    Vivement le prochain chapitre, en attendant, garde cet état d’esprit, et continue à écrire, c’est encore le meilleur exutoire (et puis on se marre bien quand même!)

  • Bonjour !!!
    Tout comme toi, je suis l’un des personnages de ce conte de fée paru chez les ducs à Sionationale.
    Quel plaisir de te lire, je découvre ton blog, sûr que j’y reviendrai !!!
    … même si étant pour le moment prisonnière d’un dragon implacable, ce sera difficile… :(
    Bonne continuation !

  • Merci à tous pour vos commentaires et vos conseils, que j’espère très utiles! Pour répondre à certaines de vos remarques, je tiens à dire que :
    1) Je n’étais pas en grève jeudi, mais j’avais une bonne excuse : j’avais pas cours! :-)
    2) Moi aussi, French TZR, je suis souvent très énervé par la situation… il me faut bien deux jours pour prendre le recul nécessaire pour écrire sur le blog, et cinq pour avoir « envie » de retourner voir les 5e (ça tombe bien, j’ai la chance de les avoir)
    3) La phrase la plus entendue chez les profs de moins de 30 ans des divers établissements où je suis passé : « je ferai pas ça toute ma vie »
    4) Puisque c’est dimanche, et que dimanche est le jour de Chuck Norris sur TF1 (tout comme le jeudi c’est Julie Lescaut), une petite citation de Portés Disparus 2 qui m’apparaît nécessaire :
    Little John – « Faites attention où vous mettez les pieds Braddock
    Braddock (alias Chuck Norris) – je mets les pieds où je veux Little John… et c’est souvent dans la gueule »
    Rien à ajouter.

  • Mais quel manque de culture! Cette citation n’est pas issue de « Portes Disparus 2″ mais de sa suite, « Portes Disparus 3: Braddock ». Et c’est Littlejohn, en un mot. C’est le nom de famille du colonel qui refuse de faire evacuer les pauvres petits orphelins vietnamiens.
    A noter que la traduction francaise est bien plus drole que le dialogue original en Anglais. Elle a un petit cote « zyva » qui ne depareillerait pas dans un college de ZEP :-)

  • Arrivée jusqu’ici de lien en lien, comme Tarzan de liane en liane, je ne regrette pas le déplacement :)
    Courage, jeune TZR, d’ici quelques années tu seras plus-si-jeune TZR !…
    Et tu peux aussi essayer l’indifférence avec tes monstres : plutôt que d’essayer de les faire taire, c’est toi qui ne dis plus rien, tu t’assieds à ton bureau et tu commences à écrire. De temps en temps, tu lèves la tête et tu les regardes attentivement, avant de replonger dans ton écriture. Moi, ça m’a évité une ou deux fois de m’en prendre quelques uns de face. Et puis, au bout de quelques minutes, ils se demandent bien ce que « le prof » peut bien faire !

  • Je vous apporte mon soutien total. Le métier de prof, que j’ai eu le malheur d’exercer 25 ans, est devenu une sinécure. Personnellement je préfèrerais que mes enfants deviennent cantonnier plutôt que prof/soutier du savoir.
    L’Education nationale c’est à la fois le Titanic et la défunte URSS. Elle ne peut pas changer et elle terminera comme le paquebot et la patrie des travailleurs
    Une piste pour ceux qui veulent s’en sortir (mais il ne faut pas avoir peur d’aligner les heures) la formation professionnelle (loin des Gretas évidemment).
    La solution consiste à trouver une expertise en formation professionnelle (communication, anglais, bureautique) et à se mettre en portage salarial. Plus tard quand vous serez installé sur le marché vous pourrez devenir indépendant ou même créer votre propre organisme de formation.

    Bon courage à tous

    Un ex prof qui n’a jamais regretté d’avoir quitté cette ingrate et désespérante machine

  • Bon, bon, ok,
    c’est pas tous les jours faciles…

    Mais quand même…
    21 cinquième… y a pire, non ?

    Je mets aux enchères mes 34 terminales stg, de 18 à 21 ans, 75% de garçons plus grands que moi…
    Non, je rigole, ils ont beau être bavards, je les aime bien…
    Bref, j’ai fait quelques années (huit ? neuf ? … me rappelle plus) avant d’arriver au lycée.
    Et franchement pas photo… on se la coule douce au collège. J’y faisais des « sorties pédagogiques », des expos, tout ça tout ça… J’m'éclatais avec mes élèves… Aujourd’hui, ils sont plus grands, c’est moins drôle… mais j’apprends aussi beaucoup avec eux.

    Tout ça pour dire, preux chevalier… que le désespoir n’est effectivement pas la bonne attitude, la morosité non plus.
    Je dresse ainsi mon écu à vos côtés (ouf, ça va, je me relis mais il n’y a pas de contrepétrie là, j’ai eu peur…).

    Ah oui… j’ai connu votre blog grâce… à vous !
    Fidèle au Monde, vous y avez laissé une trace. Je l’ai suivie.

  • Deux ou trois conseils (que tu n’es pas obligés d’appliquer) :
    1. ce n’est pas toi qui dois les séduire, mais eux qui doivent te séduire.
    2. pas de sourire, pas de blague pendant au moins 1 mois. (il ne doit pas y avoir de clown qui te fasse concurrence)
    3. si tu as un gros bordel-bavardage généralisé, il ne sert pas à grand chose de leur dire de se taire : a) soit tu les fais travailler autrement (lis meirieu et les autres, il paraît qu’ils ont des idées) b) soit tu t’attaques au pédagogique : passage au tableau à l’oral pour réciter la leçon, le titre à souligner en vert de deux traits dans la leçon, rangement du cahier et du classeur à la façon d’une gouvernante autrichienne.
    4. pas de négociation ; être juste. Tu es Salomon.

  • Je me dois de te féliciter, et ce, pour plusieurs raisons !

    Mais d’abord, salut à toi ! Je me permets de te tutoyer même si l’on ne se connaît pas, mais loin de moi l’idée d’un quelconque manque de respect, bien loin de là !

    Tout d’abord félicitations (quelques unes de plus !) pour ton blog, sacrément agréable à lire et ensuite car de mémoire de marmotte (!), c’est bien la première fois que je passe une soirée à lire un blog depuis que le blog est à la mode.

    Je m’excuse de faire un pavé sur cet article, mais je préfère commenter là, qu’un peu sur chaque article :p

    Je dois admettre, après la lecture des premiers articles, que pour la première fois un sentiment de honte m’a envahi. Pourquoi ? Car il y a quelques années j’ai refusé un poste d’enseignant titulaire dans un lycée privé, le tout avec recommandations à l’appui. Un pont en or pour quelqu’un qui n’avait aucun diplôme relatif à l’enseignement.

    A cette époque, j’étais un jeune prof-étudiant. Etudiant sur le papier, prof pour dépanner les étudiants de mon université. Un job d’étudiant en gros. Oui sauf que je n’ai fait payer mes étudiants que la dernière année de mon exercice (la 4ème année donc). Oui un étudiant c’est pauvre. Et qui mieux qu’un étudiant peut le savoir ? C’était surtout une histoire de passion, de vocation et de plaisir non dissimulé. J’avais, et je dois toujours avoir, cette petite lueur dans les yeux quand je parle de tous les cours que j’ai donnés, du bonheur sans commune mesure d’en entendre un te dire que pour la première fois de sa vie qu’il ne sort pas d’un cours de maths avec un mal de crâne, qu’une autre te téléphone pour te dire à quel point elle te remercie de lui avoir permis d’obtenir l’unique module qu’il lui manquait pour obtenir son année qu’elle repassait.

    La grosse tête ? Non, jamais, pas le temps. Une récompense, ou plutôt, LA récompense, mon salaire à moi, voire même ma drogue. Presque les larmes aux yeux face à ce genre de remerciements.

    Alors pardon pour ces généralités, mais il faut le dire et le redire : le métier d’enseignant est probablement l’un des plus beaux métiers qui soit ! Tout simplement parce que l’on transmet un savoir à la génération qui nous suit (voire à la suivante pour les plus anciens). Parce qu’un prof qui a la vocation transmet aussi un peu de sa passion pour la matière qu’il enseigne. Qui n’a jamais vu que l’on pouvait subtilement associer son goût ou son dégoût pour une matière avec le professeur qui l’enseigne ?
    Tu disais dans un de tes articles que tu n’avais pas la prétention d’être aussi important que des parents. Malheureusement aujourd’hui, en particulier dans toutes ces zones sensibles portant tout un tas de doux noms, les enfants n’ont pas, bien souvent, des parents présents pour veiller comme il se doit sur l’éducation de leurs gamins.
    Alors si un prof peut arriver à captiver un élève par l’intermédiaire de son cours et lui donner ainsi une envie de sortir de cet univers pas vraiment agréable, je pense que le rôle de ce prof n’est franchement pas négligeable.

    Je parlais de honte (bien) plus haut. Car le tapis rouge de l’enseignement s’était déroulé sous mes pieds le plus simplement du monde. Tandis que toi, et tant d’autres, galérez pour arriver à un résultat bien souvent pas à la hauteur des espérances (en tout cas les premières années).

    Honte également, car il me semble que tu l’as également abordé, envers ces politiques qui osent parler de la rémunération au mérite des enseignants. Tous les enseignants sont méritants !
    Avant de faire ce job, je pensais aussi que c’était un métier facile et surtout pour les vacances : rien que deux mois tous les étés, le pied !
    J’ai vite revu mon idée après cette expérience. C’est un métier épuisant, dans le bon sens du terme. Car si l’on a la vocation alors on s’investit. Je ne compte plus les heures passées à travailler chez moi pour mes étudiants (au lieu de bosser mes propres cours !), à angoisser que les étudiants passaient leurs exams…
    Je ne sais pas pour toi, mais moi j’étais vidé de mon énergie une fois l’année terminée. Alors ces deux mois de vacances sont plus que mérités.

    Voilà j’ai terminé :D Mes excuses pour avoir beaucoup parlé de moi :p

    Encore une fois toutes mes félicitations pour cet excellent blog et bon courage face à cette administration/EN tueuse de vocation, en espérant que tu gardes cette petite lueur qui transperce dans chacun de tes articles tout au long de ta carrière !

  • Bravo pour ce blog. Je retrouve beaucoup d’expériences que j’ai vécues même si je n’ai jamais été TZR.
    Après 19 ans j’ai jeté l’éponge et changé de métier ( dans un des corps du Minefi )Je me suis rendu compte alors que j’étais loin d’être le seul.
    Je vous souhaite de garder votre humour et votre distance par rapport aux situations. Et si un jour vous ne vous sentez plus d’exercer « le plus beau métier du monde », n’attendez pas trop longtemps pour partir.
    Courage !

  • Déjà, bien le bravo pour ton blog, « I’ll be back », je te laisse apprécier la référence.
    Ensuite tu me dois une bonne partie de mon après midi, à force de lire tous tes trucs.
    Et pour finir, Je ne suis pas du métier, mais étant citoyen de ce pays, je suis également confronté à la connerie humaine tous les jours et je me demandais si, te retrouvant face à des élèves au comportement souvent incompréhensible, ça ne serait pas marrant d’agir de la même façon ? Pas forcément en utilisant les techniques de lavage de cerveau de la CIA, mais (et ça c’est mon côté sadique ) par exemple, en punissant un élève au hasard de temps en temps, pour leur montrer que c’est toi le chef ou en en posant un au tableau pour que tous les autres puissent lui jeter des stylos, toi compris ? C’est pas forcément des bons exemples, mais le principe est d’expérimenter, leur faire subir ce qu’ils te font subir,etc
    Enfin bon, je suppose que t’auras compris pourquoi je suis pas du métier :-)
    En tout cas perd pas courage, je pense que t’as l’approche qu’il faut pour faire la différence, et t’es le genre de prof dont ils se souviendront.
    Bon courage et encore bravo pour ton effort d’éducation des masses ( j’aurais pu dire boulets )

  • Bonjour,

    je souhaiterais rajouter un conseil à « comme de l’eau »:

    pour trouver quelques idées supplémentaires, tu peux visiter le site du Crap : http://www.cahiers-pedagogiques.com
    Il dispose aussi d’une liste de discussion où plusieurs enseignants dont des formateurs ne sont pas avares de conseils.
    Bon courage pour la suite, enseigner est un des rares métiers qui demande encore de la réflexion à celui qui l’exerce, alors profitons-en et pourquoi pas tous ensemble!

  • Visiter, le site du « CRAP », mort de rire.

    Pour ceux qui ne saisiraient pas bien l’objet de mon hilarite, la definition de « crap »:

    http://www.wordreference.com/enfr/crap

    L’Education Nationale, c’est crap!

  • Je découvre à l’instant la verve du preux chevalier. Comme c’est rassurant de voir qu’en fait il y a toute une armada de peux chevalier prêts à donner leur vie, leur sang pour … euh, j’ai perdu le fil, là !
    Bravo pour ce blog, en tout cas.

  • Merveille, elle aurait pas bouffé du De Niro avant d’aller en cours ?! Courage, courage. Et aux profs qui commentent aussi. Décidément, ce blog est vraiment un pépite.

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