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Archive mensuelle de septembre 2007

Chapitre 8, où le chevalier part à la recherche de la France qui se lève tôt

 

Ca y’est! J’en suis! J’ai enfin mon ticket d’entrée! Ca a dû se passer vers 5h35 ce matin, au moment où Sting commençait à chantonner « De Do Do Do De Da Da Da » (faut bien se lever de bonne humeur). Enfin peu importe. Car ça y’est! J’en suis! Me voilà enfin admis dans la race supérieure de la France des années 2000 : la France qui se lève tôt. Certains d’entre vous en font sûrement déjà parti mais pour les autres qui n’ont pas encore eu cet insigne honneur, je me dois de relater mon expérience dans ce monde parallèle.

Pour commencer la France qui se lève tôt prend son petit déjeuner sans s’affoler. Elle a pris sa douche la veille au soir pour ne pas entrer dans la catégorie ultime, la France qui se lève trop tôt. Elle met la radio pas trop fort, la France qui se lève tôt, parce qu’elle voudrait pas réveiller les voisins qui dorment, ceux de l’autre France. A la radio, pas de pubs! Les annonceurs sont forts. Ils savent que la France qui se lève tôt n’a plus le temps de consommer. Mon temps de cerveau disponible s’est en effet considérablement réduit ces derniers temps.

6h 15. Dans la rue la France qui se lève tôt se sent bien seule. Mais où sont donc passés les travailleurs acharnés??? Pas de voitures, pas de piétons et à peine deux ou trois personnes au comptoir de la brasserie du coin en train de prendre un café. Encore tout heureux de ma récente admission je me permets de les saluer en passant d’un air entendu. Après tout on fait partie du même club maintenant. On est un peu tous copains. Surtout qu’à ce que je vois on n’est pas très nombreux. Enfin… eux n’ont pas trop l’air de me calculer.

6h30 Quai du train de banlieue. La France qui se lève tôt a de la chance de trouver l’Equipe, le marchand de journaux vient tout juste d’ouvrir. Pas de problèmes pour s’asseoir, c’est pas la grande foule. Un homme dort allongé sur une rangée de trois sièges. Un autre se réveille brusquement à chaque fois que le « signal sonore » retentit. La France qui se lève tôt a l’air drôlement fatiguée.

7h25 Plus qu’une gare avant l’arrivée. Je termine la page volley féminin. Je me prépare à attaquer le supplément rugby (on s’occupe vraiment comme on peut) lorsque, stupeur, je me rends compte que le wagon est vide autour de moi. Mais où est donc passée la France qui se lève tôt?

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Chapitre 7, où « ça se sait »

 

Peu de choses à raconter récemment, tout simplement dix-huit heures de bonheur intense au CDI cette semaine, avec les rebondissements et les affres liés à cette étrange fonction. Que vous raconter? La tentative du rectorat de transformer les RAD de français en documentalistes (après tout y’a des livres aussi)? Les recherches compulsives sur la chasse au sanglier d’un élève de 6e? Les visites sur la page de bodybuildingdemonpapa du même élève? La nouvelle définition de E=MC2 par deux petites quatrièmes (parce que tu vois, MC, c’est les rappeurs tu vois, les maîtres de cérémonie)???

Non, quittons donc un peu ce petit CDI et allons voir ce qui se passe ailleurs. Dans ma boîte aux lettres par exemple. Toujours pas de nouvelles de l’homme aux talonettes. C’est bizarre, mon collègue prof dans le 93 l’a reçue lui cette lettre… Enfin peu importe car moi j’ai eu la chance de l’avoir dans ma petite télé le camelot de Neuilly. C’était jeudi soir. Formidable opération marketting. Problème, je ne suis pas sûr que le produit soit à la hauteur, cf. le petit extrait de l’interview que voici, retranscrit par mes soins d’après ma mémoire totalement subjective :

Arlette Chabot, après un petit passage de Sarko sur la rémunération au mérite des enseignants :

- Mais alors que proposez-vous pour l’évaluation des enseignants?

- Mais ça se sait, Arlette Chabot, ça se sait quand un professeur fait du bon travail…

S’en suit un petit laiüs type larme à l’oeil sur le prof, les voyages scolaires et la découverte de la nature.

Moralité : ça se sait! Quoi? Mais tout, bon dieu, tout! Tout se sait! En tout cas moi dès que je peux je mets le maximum sur les sorties scolaires.

 

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Chapitre 6, où j’organise Woodstock au CDI (dans mes rêves, seulement dans mes rêves)

De retour ce vendredi dans mon beau château (enfin le CDI quoi), tout auréolé de mon récent succès (ah, le beau PV d’installation qui m’attends dans mon casier), je m’attends à passer une journée tranquille à potasser mes cours sur la guerre froide, ou, pour être un peu plus précis, « la guerre fraiche » selon mon manuel (1975-1985) - à quand la guerre congelée, la guerre frisquette voire la guerre tiède?La première heure semble confirmer mes prévisions, mais, un brin fatigué par mon réveil matinal, je me contente de bouquiner la discothèque parfaite de l’odyssée du rock. Carter et Brejnev attendront, avec sept heures à passer au CDI j’ai tout le temps de m’occuper d’eux.

 10h10, la première tête blonde franchit le seuil du CDI.

« C’est ouvert?

- Bien sûr.

- chouette les gars, on peut y aller! »

En moins de temps qu’il n’en faut pour dire « réforme des régimes spéciaux », des hordes de manants (oui c’est ça, d’élèves) franchissent le seuil du CDI, et me voilà avec pas 10, pas 20, pas 30 mais bien 40 élèves dans le CDI. Je pourrai aisément en  refuser la moitié mais allez, soyons fou, le CDI c’est comme Woodstock et si les élèves sont soudainement passionnés par la lecture, qu’ils viennent, qu’ils viennent, désormais c’est gratuit!

Le problème avec Woodstock, c’est le bruit, surtout dans un CDI, et je comprends vite que ma lutte contre le brouhaha ambiant est aussi désespérée que celle des Portuguais face aux Néo-Zélandais. Le peuple gronde. Légèrement mais il gronde. Bah… tant qu’ils lisent ou qu’ils travaillent…

Problème : certains  n’ont aucunement l’intention de faire l’un ou l’autre. Et l’ambiance générale s’en ressent. Après enquête, deux jeunes filles m’expliquent que le CDI c’est bien parce qu’on peut parler alors qu’en permanence, et ben on peut pas… Je leur réplique calmement mais fermement que le CDI ne ressemble ni de près ni de loin à une cafét de sitcom américaine. Quoique… puisqu’on m’a si gentiment donné les clés du CDI, peut-être devrais-je en profiter pour le façonner à ma façon. Transformer mon château en bunker de la contre-culture collégienne, en voila une riche idée. Liberté d’expression, liberté de bruit et pour moi plus d’ennuis!!! Finalement on en revient toujours à Woodstock.

Trève de plaisanterie, mes collègues n’ont pas (encore) mérité que je mette le collège à feu et à sang. L’insubordination attendra et je m’attelle donc, avec plus ou moins de bonheur selon les heures, à maintenir une ambiance de travail et un niveau de bruit acceptable.

Quelque chose m’étonne tout de même. Si les 40 du matin ne seront jamais égalés, c’est bien 20 à 25 élèves par heure qui investissent les lieux. Bizarre pour des élèves qui sont censés « ne pas avoir d’heures de trou ou presque » dixit le régent/principal adjoint. En même temps les 6e2 m’ont bien expliqué que Mme Dartplastiques n’était pas là.  Mais quand même ça fait beaucoup… La vérité éclate enfin au grand jour quand un groupe d’élèves guère portés sur la lecture m’explique que « le CDI j’y vais jamais mais c’est les surveillants ils nous ont dit d’aller là »… Sachant que le CDI accueille désormais les élèves, les surveillants en ont profité pour baisser le pont levis et aller faire un tour à la campagne. Plus clairement, ils ont fermé la permanence et nous ont refilé tous les élèves… Ca, c’est vraiment sympa! Et Carter et Brejnev peuvent toujours attendre…

A plus

 le preux chevalier

 ps : merci pour vos commentaires. Et vive les secrétaires gentilles et compétentes!

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